À travers les industries et les services publics, la région du Centre semble s’enfoncer dans une spirale inquiétante. Après une année 2025 particulièrement marquée par les pertes d’emplois, les signaux pour 2026 sont encore plus alarmants. Des centaines d’emplois ont été supprimés, et les perspectives ne s’améliorent pas. À quoi faut-il s’attendre concrètement ? Et pourquoi le pire semble-t-il encore à venir ? Décryptage d’une crise sociale en pleine aggravation.
2025 : une vague de licenciements sans précédent dans le Centre
La liste des entreprises ayant réduit ou stoppé leur activité en 2025 est longue… et préoccupante :
- Cora La Louvière : restructuration majeure dans le commerce de détail
- Alysse Food : arrêt partiel suivi d’un plan social
- Dawn Food : perte de contrats et licenciements massifs
- Voies d’Eau du Hainaut : suppressions d’emplois dans le service public
Ces entreprises, réparties dans des secteurs très différents (agroalimentaire, distribution, institutions publiques), ont toutes subi de plein fouet des pertes économiques. Les raisons varient : compétition étrangère, inflation des coûts, baisse de la demande, automatisation… mais le résultat est le même : des centaines de travailleurs sur le carreau.
Une crise qui touche aussi bien le privé que le secteur public
Ce qui marque particulièrement cette année noire, c’est que le secteur public n’a pas été épargné. Les Voies d’Eau du Hainaut en sont le symbole fort. Elles représentent une infrastructure essentielle du territoire, mais elles subissent une modernisation brutale, sans plan social adapté.
Le malaise est profond. Les syndicats décrivent une gestion à courte vue et une absence de dialogue social. Les pertes d’emplois ne sont plus uniquement une conséquence du marché, elles résultent aussi de décisions politiques contestées.
Pourquoi 2026 pourrait être encore pire
Ahmed Ryadi, secrétaire régional de la FGTB Centre, est formel : « 2026 sera encore plus difficile pour les travailleurs ». Selon lui, plusieurs éléments vont accentuer la situation :
- Les aides Covid sont entièrement terminées, laissant les entreprises fragiles sans filet
- Les coûts de production restent élevés, notamment l’énergie et les matières premières
- La demande intérieure stagne : les ménages consomment moins, faute de pouvoir d’achat
- Une vague de délocalisations est en préparation dans plusieurs industries locales
De nombreuses entreprises du Centre seraient déjà en passe d’annoncer de nouveaux plans de restructuration au premier trimestre 2026. Et cette fois, il n’y aurait même plus de réserve d’emplois à reclasser. Un mur social se profile.
Un tissu économique affaibli et fragmenté
Le problème de fond, c’est aussi une forme de fragilité structurelle. La région du Centre, anciennement industrielle, n’a jamais vraiment remis à plat son modèle de développement. Certaines zones manquent cruellement d’investissements. D’autres sont fortement dépendantes de quelques grands acteurs économiques.
En cas de fermeture d’un seul site, c’est tout un bassin d’emplois localisé qui s’écroule. L’effet domino est réel. Et les petites entreprises sous-traitantes sont aussi impactées.
Des solutions encore trop timides
Face à cette situation tendue, les réponses politiques commencent à se faire entendre mais restent partielles. On parle de soutien à la reconversion professionnelle, de plans pour stimuler l’emploi local et d’incitations fiscales pour attirer de nouveaux investisseurs. Mais rien de concret n’a été encore mis en place à grande échelle.
Certains syndicats réclament un plan de relance régional massif, centré sur des projets à haute valeur ajoutée et le développement d’emplois durables dans des secteurs comme la transition énergétique, le numérique, ou encore les soins et services aux personnes.
Conclusion : vers une nouvelle urgence sociale
Si rien ne change rapidement, la région du Centre pourrait faire face à une crise sociale majeure dès 2026. Les pertes d’emplois massives, l’absence de redéploiement industriel fort, et la fuite des jeunes actifs forment un cocktail explosif.
L’année 2025 aura été rude. Mais ce qui inquiète le plus, c’est que le pire semble encore à venir. Il est encore temps d’agir, mais cela demande un sursaut collectif, politique et économique. Le secteur syndical, notamment la FGTB, continuera d’alerter… mais sans mesure forte, le Centre court droit vers un nouvel effondrement social.




