La rentrée 2026 promet de secouer l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles. Pour la première fois, le tronc commun s’étendra jusqu’en première secondaire. Face aux critiques sur le manque de clarté, la ministre Valérie Glatigny dévoile enfin les grandes lignes de sa réforme. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le chantier est ambitieux.
Un tronc commun prolongé jusqu’en première secondaire
La grande nouveauté de la rentrée 2026-2027 concerne l’extension du tronc commun jusqu’en fin de la première secondaire. Jusqu’ici limité à la sixième primaire, il formera désormais un socle commun d’enseignements couvrant la scolarité de 6 à 13 ans. L’objectif affiché ? Réduire les inégalités scolaires et retarder l’orientation pour laisser plus de chances à chacun.
Ce tronc unique comprendra des matières variées, allant des sciences aux langues en passant par le sport ou les arts. Les filières classiques (général, technique, etc.) n’entreront en jeu qu’à partir de la deuxième secondaire.
Un rythme et une pédagogie repensés
La ministre souhaite également adapter la manière d’enseigner à cette nouvelle configuration. Cela passe notamment par :
- Des séquences d’apprentissage interdépendantes, favorisant les liens entre matières
- Des projets pluridisciplinaires, pour ancrer les savoirs dans le concret
- Un accompagnement renforcé en début de première secondaire pour prévenir tout décrochage
Les enseignants bénéficieront aussi d’un soutien pour s’adapter à ces évolutions, avec des formations spécifiques et des temps de concertation accrus dans chaque établissement.
Des inquiétudes, mais une volonté ferme
Les syndicats, les associations de parents et les directions d’école ont exprimé leurs interrogations. Le calendrier semble serré. Et beaucoup craignent un manque de moyens, autant humains que financiers, pour accompagner de façon efficace cette refonte en profondeur.
Mais la ministre se veut rassurante. Elle promet que des budgets supplémentaires seront débloqués. Et des moyens seront déployés pour faire des écoles des lieux d’apprentissage plus égalitaires et bienveillants.
Un avant-projet déjà dans les tuyaux
Le gouvernement de la Fédération a validé en première lecture un avant-projet de décret posant le cadre de ce nouveau modèle. Ce texte fixera les contours précis de la première secondaire nouvelle formule. Il prévoit notamment :
- Des compétences-clés à atteindre à la fin du tronc commun
- Des outils d’évaluation adaptés, basés sur la progression de l’élève
- Une commission d’accompagnement pour chaque établissement
Cette commission aura pour mission d’assurer la cohérence des apprentissages et d’aider à la mise en œuvre locale de la réforme, au plus près des réalités de terrain.
Et après ? Un changement qui s’inscrit dans la durée
La réforme de la première secondaire n’est qu’un pas dans un processus beaucoup plus vaste. Elle s’intègre pleinement dans le Pacte pour un Enseignement d’excellence, lancé il y a déjà plusieurs années. Ce Pacte vise à réformer l’école pour plus de justice sociale, plus d’efficacité, et plus de bien-être chez les élèves.
À terme, c’est tout le parcours scolaire qui sera réorganisé. De nouvelles évaluations, plus formatives, des ateliers pratiques, plus d’autonomie pour les écoles… Le visage de l’école belge est en pleine mutation. Et cette première secondaire 2026 pourrait bien en être la première grande faille… ou le premier grand tournant.
Une réforme à suivre de près
La version définitive du décret est attendue dans les mois à venir. Des concertations doivent encore avoir lieu avec les acteurs de terrain. Mais une chose est sûre : la rentrée 2026 ne sera pas comme les autres. Il faudra rester attentifs aux prochains jalons que fixera le gouvernement.
Parents, enseignants, élèves… chacun a désormais un œil tourné vers cette première faille – ou ouverture – dans le système scolaire. Opportunité ou risque ? Seul l’avenir le dira.




