Vous appréciez un bon filet de saumon ou un plat de cabillaud ? Une nouvelle étude tire la sonnette d’alarme : ces poissons que vous consommez régulièrement pourraient contenir des substances toxiques appelées PFAS. Longtemps utilisées dans l’industrie, elles persistent aujourd’hui dans l’océan… et se retrouvent dans votre assiette.
Que sont les PFAS et pourquoi sont-ils si dangereux ?
Les PFAS, ou substances per- et polyfluoroalkylées, sont surnommés « polluants éternels ». Pourquoi ? Parce qu’ils ne se dégradent presque pas dans la nature. Résultat : ils s’accumulent pendant des décennies dans l’eau, les sols… et les organismes vivants.
Deux types sont particulièrement inquiétants :
- PFOA (acide perfluorooctanoïque)
- PFOS (sulfonate de perfluorooctane)
Ces substances sont associées à de nombreux risques pour la santé :
- Cancers (notamment du rein et des testicules)
- Maladies du foie et des reins
- Dérèglements immunitaires
- Malformations congénitales
Bien que leur usage soit désormais interdit dans de nombreux pays, les conséquences de leur persistance sont bien réelles.
Une contamination mondiale des poissons marins
L’étude publiée le 18 décembre dans la revue Science est formelle : les poissons marins du monde entier sont touchés. Pendant plus de vingt ans, des chercheurs ont recueilli des données dans plus de 3 000 lieux à travers le globe. Ils ont ensuite analysé directement 150 poissons de 87 espèces, collectés dans 14 pays.
Le constat est inquiétant : parmi les 212 espèces
- Cabillaud
- Saumon
- Hareng
Ces poissons, présents dans de nombreuses assiettes, sont parmi les plus fortement contaminés.
Quels sont les pays et régions les plus exposés ?
Certaines zones marines présentent des niveaux de pollution particulièrement élevés :
- La mer Baltique
- Les côtes de l’Arabie saoudite
- Les eaux proches de la Thaïlande et de l’Australie
Mais le commerce mondial des produits de la mer fait voyager ces contaminations. Un poisson pêché en Asie peut finir dans un supermarché européen. Le risque ne connaît donc pas de frontières.
Combien de PFAS retrouve-t-on dans notre alimentation ?
D’après les estimations de l’étude, la consommation de poisson représente l’une des principales sources d’exposition alimentaire aux PFAS. L’apport quotidien médian via le poisson est évalué à :
- 0,023 nanogramme par kilo de poids corporel
Les niveaux sont plus élevés dans certaines régions :
- Europe
- Amérique du Nord
- Océanie
La cause ? Une combinaison entre la bioaccumulation dans les chaînes alimentaires, le transport longue distance des PFAS… et le commerce international des produits de la mer.
Des efforts payants, mais encore insuffisants
Il y a quand même une lueur d’espoir. Depuis que le PFOS est davantage encadré (notamment depuis 2009), on observe une baisse de 72 % des risques liés à cette substance.
Cependant, d’autres polluants à chaîne longue, encore peu réglementés, persistent dans les océans. Ils continuent à entrer dans l’environnement via les rivières… et reviennent dans nos assiettes comme un boomerang.
Comment agir en tant que consommateur ?
Le problème vous semble lointain ? Pourtant, il est très concret. Voici quelques gestes qui peuvent faire la différence :
- Varier les sources de protéines : ne pas dépendre uniquement du poisson
- Privilégier les filières locales et bien identifiées
- Éviter les espèces à risque élevé lorsque possible
Et surtout, rester informé. Car ce que vous mettez dans votre assiette a un impact direct sur votre santé.
En conclusion
La contamination des poissons par les PFAS est un problème mondial, silencieux mais bien réel. Même si certaines mesures portent leurs fruits, beaucoup reste à faire. En attendant, mieux vaut être vigilant à ce que vous consommez. Votre santé – et celle de vos proches – en dépend.




